Visite 17: Sepultura de Francisco Villar Jordana

La mort du capitaine Francisco Villar Jordana illustre clairement l’implication des Cordouans dans les nombreuses campagnes que l’Espagne mena au Maroc aux XIXᵉ et XXᵉ siècles. Peu d’échecs militaires furent aussi commentés que le « Désastre d’Annual » (juillet-août 1921), au cours duquel l’Espagne subit une terrible défaite (environ 8000 morts et disparus) face aux Rifains insurgés dirigés par Abd el-Krim.

Après Annual et Monte Arruit, l’armée espagnole déploya de grands efforts pour conserver ses possessions en Afrique, gravement menacées. C’est dans l’un de ces combats, à Sebt, que mourut le capitaine Villar Jordana à l’âge de 32 ans (2 octobre 1921). Dans la conscience espagnole du siècle dernier, le Maroc fut un lieu de combat redoutable : « Ni elle ne se lave ni se coiffe, ni ne met sa mantille, jusqu’au retour de son fiancé de la guerre de Melilla », disait une vieille chanson évoquant la bataille du Barranco del Lobo (1909). L’Espagne cherchait à maintenir l’illusion d’un ancien empire, tandis que les Rifains défendaient leur indépendance. La pierre tombale mentionne également les décorations obtenues et les circonstances de la mort du capitaine.