Visite 11: Familia Cruz-Conde

José Cruz-Conde Fustegueras (1879-1939) fut l’un des membres les plus notables de la lignée cordouane des Cruz Conde. Lieutenant-colonel d’artillerie, il combattit au Maroc, où ses services lui valurent la Croix de María Cristina de Première Classe (1909, combat de Taxdirt). Président du Círculo de la Amistad (1924-1925) et maire de Cordoue (1924-1926) durant la dictature de Primo de Rivera, qu’il soutint activement, il devint l’homme clé de la Cordoue primorriveriste. Ses réalisations comme maire furent remarquables, grâce à de forts investissements pour l’amélioration de la ville. Il fut ensuite nommé gouverneur de Séville et commissaire royal de l’Exposition ibéro-américaine inaugurée en 1929, dont le succès doit beaucoup à son énergie. Membre du conseil d’administration de la Banque de Crédit Local, il conspira après 1931 avec le colonel Cascajo afin d’assurer le succès du soulèvement militaire du 18 juillet 1936 à Cordoue. Il mourut à Madrid en 1939 et ses restes furent ensuite transférés à Cordoue.
Rafael Cruz-Conde Fustegueras (1880-1978), comme ses frères José et Juan, consacra une partie de sa vie à la carrière militaire, atteignant le grade de commandant d’infanterie. Il se consacra aussi au négoce du vin et des liqueurs. En 1902, il fonda les Bodegas Cruz Conde. En 1925, le roi Alphonse XIII accorda à la maison le titre de « Fournisseur de la Maison royale ». Le peintre Julio Romero de Torres réalisa une célèbre peinture et une publicité fameuse pour l’anis La Cordobesa, qui marquèrent durablement l’image de la marque. Sur le plan politique, Rafael fut maire de Cordoue (1927-1929) et président de la Députation provinciale (1929-1930). Son frère José exerçait alors une grande influence à Séville et sur Primo de Rivera, ce qui consolida le pouvoir des frères Cruz Conde à Cordoue. Rafael eut aussi une forte influence sur La Voz, journal familial. Marié à Ángela Conde Marín, il fut le père de deux maires du régime franquiste : Alfonso et Antonio Cruz-Conde Conde.
Antonio Cruz-Conde y Conde (1910-2003) fut probablement l’homme politique le plus connu de Cordoue issu de cette lignée. Juriste de formation, il s’occupa surtout des affaires familiales liées aux bodegas. Affilié à la Phalange en 1933, il combattit pendant la guerre civile et atteignit le grade de lieutenant de cavalerie, recevant plusieurs décorations. Marié à Guadalupe Suárez de Tangil y Guzmán, fille du comte de Vallellano (ancien maire de Madrid sous Primo de Rivera), il devint maire de Cordoue en 1951, succédant à son frère Alfonso. Son mandat transforma profondément la ville : amélioration du réseau d’eau, achèvement du Puente Nuevo, construction de l’aéroport, lancement du Plan Général d’Urbanisme (1958), développement du tourisme, etc. Remplacé en 1962, il devint président de la Députation provinciale jusqu’en 1967. À la fin du franquisme et au début de la transition démocratique, il tenta sans succès de reprendre sa carrière politique. Pour beaucoup, il reste le meilleur maire cordouan du XXᵉ siècle.